Le Sport, le Sport c'est bien... oui MAIS !

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Le Sport, le Sport c'est bien... oui MAIS !

Message par la roussette du lagon le Sam 1 Sep 2007 - 12:53

Humour


1. Il est démontré que chaque fois que l'on court 1500 mètres, on ajoute une minute à sa durée de vie. Ce qui vous permettrait, à 85 ans, de passer 5 mois de plus dans une maison de retraite à 6000 euros par mois ! Donc, commencez tout de suite...

2. Le jour de son soixantième anniversaire, ma grand-mère a décidé de marcher 7 kilomètres par jour. Aujourd'hui, elle a 85 ans, et on se demande bien où elle peut être ?

3. L'année dernière, je me suis inscrit au Gymnase Club de mon coin, et ça m'a coûté 500 euros. Je n'ai pas perdu un kilo. Il paraît qu'en plus il faut assister aux séances...

4. Si je fais de la gym, c'est tôt le matin, avant que mon cerveau ne comprenne ce que j'entreprends...

5. Si Dieu avait voulu que nous touchions l'extrémité de nos orteils, il aurait implanté lesdits orteils moins bas sur nos jambes.

6. Faire du sport tous les jours présente un grand avantage : on meurt en meilleure santé.

Santé et Sport


Ici apparaît pourtant un paradoxe propre à renverser la définition vulgaire de la santé : dans le sport, il s'agit de pousser l'activité des organes jusqu'à ce qu'ils ne soient plus silencieux, il s'agit de tirer jusqu'au maximum leurs possibilités, de jouer avec ses propres limites, si bien que le sport, déchiré entre deux imaginaires, celui de la santé et celui du dépassement, renverse ce qu'il est censé produire et conserver, la santé.
La santé sportive est alors une vitalité paradoxale, autodestructrice, éloignée de la sage conception du sens commun ; dans le sport la santé est une vitalité hantée par sa propre exténuation, une santé où rôde la figure de la mort. La santé sportive exalte parfois le calvaire - pensons à la rude chanson de geste des cyclistes dont le trépas spectaculaire de Tom Simpson constitua un point-limite.

Dans le sport, les organes ne demeurent pas silencieux. Ils font souffrir. On exige d'eux le maximum. Ils sont soumis aux principes industriels de la productivité et de la rentabilité. Le sport est la guerre contre la paix du corps.
Nul ne pouvait tenir le coureur à pied Emile Zatopek, icône du sport, épuisé à l'arrivée d'un marathon olympique, pour une vignette chargée de faire de la propagande pour la santé. Il assurait au contraire la publicité en faveur de la souffrance volontairement et gratuitement endurée, la réclame pour un masochisme socialement valorisé.
On pourrait tenir le même genre de propos au sujet des cyclistes : Jean Robic, Louison Bobet... : sport-souffrance désormais contagieux via les dispositifs médiatiques planétarisés de manipulation des imaginaires. De leur temps, le sport n'était cependant pas publicité pour la santé, mais pour le travail prolétarien, travail de force et d'abnégation (travail des mines, des aciéries, des champs).
Cela dit, publicité pour le rude labeur ou publicité pour la santé, un énoncé vaut pour les deux cas de figure, qui se sont succédés historiquement : ce sont les forces morbides de la vie sociale qui transfigurent l'imaginaire sportif en un imaginaire de la santé.

Sport et Âme


Le stoïcisme et certaines philosophies orientales sont des pensées de la maîtrise de soi. Mais elles prônent une victoire sur soi-même.
Le sport, c'est l'idée de la maîtrise, mais pour un gain aux dépens d'autrui. La victoire sur soi-même y est conditionnée par la volonté de supplanter autrui.
La différence est capitale. Cette victoire implique en plus la paralysie d'un grand nombre de forces intérieures qui sont trop ambiguës, trop hésitantes pour pouvoir être utilisables.
Quand un joueur de tennis commence à se poser des questions, il se met à perdre. Tragique situation où, si la force intérieure s'exprime, elle devient source de faiblesse sportive! Et cette faiblesse, eh bien, on l'appelle "âme".

Valeurs du Sport


Au travers des pratiques sportives, qu’elles soient compétitives, performantes ou plus libertaires, moult valeurs s’expriment selon les thuriféraires : santé, solidarité, goût de l’effort, respect des règles, citoyenneté, créativité, connaissance de soi, dépassement de soi, intégration, glorieuse incertitude, discipline de groupe, acceptation de l’échec, bénévolat, humilité dans la victoire, esprit sain, partage, expression corporelle, tolérance, esprit d’équipe, force de caractère, abnégation, canalisation de la violence, fair-play, sens de la fête et du jeu, attachement aux couleurs, volonté, …toutes ces valeurs existent sans doute, mais sûrement pas tout le temps !

Le sport n’est pas la potion magique rendant l’Homme infiniment bon. Olympiques ou pas, toutes les médailles ont leurs revers : en sport, ceux-ci ont nom dopage, chauvinisme, corruption, récupération politique, violence, affairisme, mais aussi gloriole, triche, xénophobie, individualisme, machisme, championnite, ségrégation…

Les valeurs citées ci-dessus ne sont pas spécifiques au sport mais, parce qu’elles s’y vivent plus inconsciemment, en marge d’un objectif ludique et librement poursuivi, elles s’y développent efficacement.

Ref extraits: Robert Redeker (philosophe, interview Le Devoir), La médiathèque.

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