L'effet placebo : bel exemple d'anti-dopage !

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L'effet placebo : bel exemple d'anti-dopage !

Message par Néné le Ven 1 Aoû 2008 - 5:16

Dopé... à l'eau claire!





Selon des physiologistes italiens, l'effet placebo pourrait servir à contourner les règlements antidopage. Leur expérience, décrite à la fin du mois d'octobre dans le Journal of Neuroscience, a permis à des athlètes de bénéficier des effets antidouleur de la orphine... sans en prendre.


«L'effet analgésique de la morphine était encore plus grand avec le placebo», a expliqué l'une des auteurs, Antonella Pollo, jointe à l'Université de Turin. «Les athlètes qui ont reçu le placebo ont résisté à la douleur jusqu'à 30% plus longtemps que les autres. Ce genre de subterfuge est courant à l'entraînement; mais pour le moment, il est limité à des aspects physiques, par exemple manipuler une pente pour faire croire à l'athlète qu'elle est plus faible qu'en réalité.

Mais c'est la première fois qu'on le démontre avec des médicaments de dopage.»

La «compétition» a eu lieu à l'aide d'un exerciseur. Les 40 cobayes étaient divisés en quatre groupes: un qui ne recevait rien du tout; un autre qui ne recevait rien durant l'entraînement mais un placebo (une solution saline) avant la compétition; un qui recevait de la morphine à la fois à l'entraînement et durant la compétition, et un dernier qui recevait de la morphine à l'entraînement, puis un placebo avant la compétition.

C'est ce dernier groupe qui a le mieux résisté à la douleur.

Christiane Ayotte, directrice de l'Agence mondiale antidopage, estime que les résultats ne seront pas nécessairement les mêmes avec les drogues les plus courantes du domaine. «À mon avis, ces données ne peuvent s'appliquer aussi clairement à la performance sportive ni
nécessairement à toute autre substance comme les stimulants, par exemple. En effet, ce protocole impliquait comme performance une
résistance à la douleur. La performance sportive n'est pas que cela.

Les opiacés, dont la morphine, ne sont pas utilisés en compétition, ou très peu, car ils ont trop d'effets négatifs sur la performance.
L'effet analgésique désirable est annulé, du moins dans les sports qui demandent autre chose que la simple résistance à la douleur, par
exemple la vigilance, les réflexes, la vitesse de réaction, la prise de décision rapide.»

De plus, les ressources manquent pour traiter l'effet placebo comme un problème réel. «Nous avons suffisamment de problèmes à détecter à temps l'utilisation bien réelle d'anabolisants, de stimulants, d'hormones de croissance, d'EPO, de transfusions sanguines», dit Mme Ayotte.

L'équipe turinoise s'intéresse à l'effet placebo depuis une dizaine d'années mais vient tout juste de l'appliquer au sport. Elle cherche justement à refaire l'expérience avec d'autres substances, notamment des stimulants et des stéroïdes. «Je ne vois pas pourquoi l'effet serait différent, dit la Dre Pollo. À mon avis, d'ici peu de temps, les autorités antidopage devront se demander si un entraîneur peut légalement injecter une solution saline inoffensive à son athlète tout en lui faisant croire qu'il s'agit d'unesubstance de dopage.»

L'étude turinoise a suscité beaucoup d'intérêt à une rencontre internationale à Tutzing, en Allemagne, selon Luana Colloca, une autre coauteure, jointe à Tutzing. «C'est la première fois qu'on montre une dimension sociale, non médicale, de l'effet placebo, dit Mme Colloca. D'autre équipes ont annoncé qu'elles travailleraient à son utilisation dans le sport.»

Source : Mathieu Pereault - La Presse

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