Anti-inflammatoire : Une pratique malheureusement courante.

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Anti-inflammatoire : Une pratique malheureusement courante.

Message par Néné le Ven 27 Nov 2009 - 10:26

Petit condensé d'un article de Denis Riché dans Sport et Vie sur les anti-inflammatoires.
On est pas loin du dopage car Qui vole un oeuf, vole un boeuf !



"Des habitudes de consommations médicamenteuses de type anti-inflammatoires se rencontrent dans le triathlon, du moins si l’on en croit les résultats d’un sondage effectué auprès de centaines d’Ironmen. Ils seraient 45% environ à prendre des anti-inflammatoires avant le départ de l’épreuve.

Serait-ce à titre préventif ? Pour mieux supporter les souffrances à venir ? Apparemment, ce serait surtout pour eux une façon de calmer la douleur associée aux petite lésions qui apparaissent presqu’inévitablement lors de phase très lourde de préparation.


Le problème c’est qu’on s’expose très vite à une banalisation du recours médicamenteux. On commence par prendre un produit au matin d’une épreuve importante. On finit par croquer des tablettes comme Raphael
Nadal avant chaque entraînement !


En cas de blessure l’obsession de nombreux sportifs consiste à stopper l’inflammation le plus rapidement possible. D’où le recours systématique aux anti-inflammatoires. Sans doute devraient ils faire l’effort de mieux comprendre l’utilité de ce mécanisme et peut être cesseraient ils de souscrire à cette approche diabolisante. S’instaure alors une véritable dépendance que l’on refuse le plus souvent d’admettre.

La lésion ne fait que traduire le dépassement les facultés d’adaptation. Faites la disparaître, une autre prendra aussitôt sa place.

En quoi consiste exactement l’inflammation et à quoi sert-elle ?

Réponse : il s’agit d’un phénomène physiologique de protection qui s’inscrit dans le double objectif de réparer les structures tissulaires endommagées par le stress et d’éliminer ce qui ne fonctionne plus. Tout démarre avec la présence anormale dans le liquide interstitiel de substances échappées de cellules détruites. S’ensuit une réponse du système immunitaire qui se met en charge d’éliminer les déchets selon un mode
toujours identique.


Pour le sujet l’inflammation se traduit par quatre symptômes caractéristiques : rougeur, chaleur, gonflement et douleur.

On se trompe donc lourdement lorsqu’on la considère comme la source du problème, alors qu’elle en est que l’expression douloureuse.

Prenons l’exemple des courbatures qui surviennent dans les jours qui suivent un effort intensif. Là encore il s’agit d’une inflammation. Elle résulte de sollicitations jugées anormales. Ces courbatures passent par un pic
de douleur deux jours après l’effort. Il faut compter deux jours encore avant qu’elles ne disparaissent progressivement. Pendant toute cette période, il est quasiment impossible de s’entraîner, sauf si bien entendu l’on fait le choix de juguler la réaction par le biais de médicaments anti-inflammatoires.


Or de nombreuses études démontrent que de telles pratiques fragilisent les tissus. Certes on peut plus vite reprendre le collier, mais avec un risque accru de se faire mal.

En théorie il faut accepter l’existence d’une période réduite après un gros effort afin de permettre la reconstruction des tissus lésés.

Un très bel exemple d’adaptation nous est donné par la course en descente. Cet exercice occasionne de nombreuses lésions au niveau des fibres musculaires, en raison de l’intensité des contractions dites
« excentriques » (le muscle doit résister au moment où il subit un étirement de sa structure. Cette double contrainte occasionne de microlésions). Or une fois la douleur dissipée et la réparation réalisée, il est possible de supporter des contraintes « excentriques » plus importantes que celles subies lors d’une première séance.


En revanche si l’on empêche cette réaction par la prise de médicaments anti-inflammatoires ou l’application de froid, on peut certes reprendre plus vite le cours des entrainements, mais on s’expose à repasser par
le même épisode de « casse » musculaire à chaque nouvelle descente.


Il arrive que la phase d’inflammation se prolonge au-delà du raisonnable et qu’elle occasionne par les douleurs qu’elle génère, une période une période d’inactivité. Ce schéma marque le passage de l’inflammation utile vers l’inflammation chronique.

On passe par trois phases de la réaction : l’initiation, l’amplification, la résolution.

* L’initiation est commune à toutes les formes d’inflammation : infection microbienne, brulure, empoisonnement, coup direct ou autre forme d’agression. Cette phase désigne la mise en branle du système
immunitaire en réponse à la présence de molécules indésirables dans l’espace interstitiel.


* Vient ensuit l’amplification. C’est ici que les choses peuvent déraper et faire le lit d’une chronicité qui empêche alors la réalisation de la dernière étape : le retour à la situation initiale. Dans le corps humain on rencontre plusieurs foyers d’inflammation qui se « répondent » les uns aux autres au grès des sollicitations. Même à distance ! Un genou, un coude ou une épaule douloureuse trouve parfois écho dans une mauvaise hygiène buccale avec des dents cariées qui entretiennent l’état d’inflammation.

Mais la dentition n’est pas la seule en cause. L’expérience montrerait que la plupart des foyers inflammatoires annexes se situeraient quelques dizaines de centimètres plus bas, au niveau de l’intestin. Les
spécialistes parlent de « dysfonctionnement immunitaires ».


Et bien sur cela joue dans les deux sens. L’inflammation d’origine intestinale amplifie parfois celle liée à l’agression du tissu articulaire ou tendineux.

Que se passe-t-il lorsqu’on prend des anti-inflammatoires ?

Ces médicaments visent à briser le cercle vicieux de l’inflammation. Ils cherchent à inhiber l’une ou l’autre étape de la réaction immunitaire.

Problème : toutes ces substances transitent par le tube digestif et aggravent par leur action la perméabilité de l’intestin, ce qui se traduit par un passage accru de macromolécules au niveau de la muqueuse intestinale
lésée. Ce mécanisme d’action contribue alors à instaurer un état paradoxal. L’inflammation est certes combattue, mais le passage d’éléments devenus des « antigènes » au niveau de l’intestin peut
donner lieu à une réponse immunitaire à caractère inflammatoire, qui se manifestera dès l’arrêt du traitement inflammatoire.


Et voila comment on retourne chez le kiné deux semaines seulement après en avoir fini (pensait-on) avec 40 séances de soins sur une tendinite récalcitrante !"

 

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