Triathlètes...comment s'alimenter ??? (3/3)

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Triathlètes...comment s'alimenter ??? (3/3)

Message par Néné le Sam 8 Avr 2006 - 16:27

Interprétation des données biologiques…

Il n'est pas toujours aisé d'interpréter les valeurs des paramètres sanguins mesurés. Aujourd'hui, il n'existe pas de " normes biologiques " du sportif d'endurance au regard des paramètres du " stress oxydant " et des systèmes antioxydants. Les indices biologiques mesurés ne sont pas toujours représentatifs d'un déficit d'apports nutritionnels.

En effet, la diminution des concentrations plasmatiques en vitamines antioxydantes, qui peut être observée en condition d'exercice par exemple, traduit davantage une redistribution des réserves antioxydantes entre les tissus et le plasma plutôt qu'un déficit nutritionnel (Ji, 1995). D'autre part, le statut sanguin ne reflète pas nécessairement le statut cellulaire (Quindry et coll., 2003).

Par ailleurs, chez le triathlète entraîné, il n'existe pas de réponse concomitante des indices du statut sanguin antioxydant en réponse à un stimulus d'entraînement particulier (Palazzetti et coll., 2003).

Les valeurs mesurées en condition de repos ne donne que peu d'indications sur les réelles capacités de protection à l'exercice. Il a été observé que les effets de facteurs exogènes, tels que ceux liés à la nutrition et/ou à l'entraînement (surcharge, affûtage), sont observables le plus souvent en condition d'exercice, sans effet sur les niveaux de repos (Margaritis et coll., 2003 ; Palazzetti et coll., 2003, 2004).

Cette approche est très spécifique du sportif. Ainsi, les indicateurs biologiques doivent être considérés en complément d'enquêtes alimentaires et d'activités rigoureuses.

Supplémentation en antioxydants et performance…


A ce jour, aucune preuve scientifique ne permet de valider d'une amélioration de la capacité de performance consécutive à la prise d'une supplémentation antioxydante chez le sportif non déficitaire.

Attention au surdosage…

Si la consommation d'une supplémentation antioxydante à doses physiologiques ne semble pas être préjudiciable pour le triathlète, du moins à court terme, en revanche, la consommation d'antioxydants à fortes doses peut être néfaste (cancer, augmentation du processus inflammatoire, moindre adaptation des enzymes antioxydantes, altération de la synthèse de protéines…).

Les études scientifiques actuels indiquent que la supplémentation antioxydante à doses non physiologiques altère à la fois l'équilibre cellulaire et la mise en place des processus adaptatifs cellulaires consécutive à l'exercice.

Il est aujourd'hui bien établi que le "stress oxydant" généré par l'exercice physique régule le signal de transduction des gènes antioxydants et donc le processus adaptatif cellulaire (Jackson, 2000). En revanche, on ne connaît toujours pas le niveau de "stress oxydant" à partir duquel le bénéfice adaptatif serait diminué.

Il faut consommer une alimentation riche en fruits et légumes…

Aujourd'hui, la consommation d'une alimentation riche en fruits et légumes, source d'antioxydants, doit être une règle pour le triathlète.

L'ingestion de suppléments alimentaires ne peut être considéré comme un geste anodin, même à de faibles doses. La supplémentation ne "mime" pas une prise alimentaire. Un fruit riche en vitamine C n'apporte pas exclusivement de la vitamine C.

Les exemples de synergies d'actions sont nombreux. L'alimentation est un équilibre dynamique, la prise d'un supplément peut le rompre, momentanément parfois. Néanmoins cette prise ne doit pas être évitée à tous prix, notamment en cas de déficit nutritionnel avéré, mais raisonné. Dans ce cas, cela relève de l'acte médical.

D'autre part, les variations individuelles d'apports et de statut antioxydants observés chez le sportif (Rousseau et coll., 2004) doivent encourager à individualiser les recommandations nutritionnelles.

Conclusions

L'adoption d'une alimentation diversifiée permet d'apporter les nutriments essentiels (acides gras, acides aminés, vitamines, minéraux) à l'organisme.

Etre performant nécessite une rigueur sur le plan de la méthodologie de l'entraînement mais aussi sur le plan de l'alimentation. Ces 2 éléments sont indissociables.

Chaque triathlète doit apporter une réflexion sur ses apports alimentaires en fonction de son propre programme d'entraînement tout en conservant bien sûr le plaisir de s'alimenter.

Les conséquences d'une alimentation peu équilibrée ne sont pas toujours visibles chez l'individu qui ne pratique pas d'activité physique. En revanche, elles le sont inévitablement chez le triathlète qui stresse continuellement son organisme. L'effet est directement visible sur la performance et indirectement sur l'augmentation du risque de la survenue de blessures et de maladies infectieuses.

Les périodes de l'entraînement les plus "à risques" pour le triathlète sont les périodes de reprise et de surcharge.

Les triathlètes qui sont les plus "à risques" de déséquilibre nutritionnel sont ceux qui restreignent volontairement leurs apports alimentaires, ceux qui éliminent certains aliments de leur alimentation et ceux qui adoptent trop fréquemment une alimentation de type "fast-food".

Références bibliographiques :

Burke LM, Cox GR, Cummings NK & Desbrow B (2001) Guidelines for daily carbohydrate intakes. Sports Med. 31: 267-299.
Favier JC, Ireland-Ripert J, Toque C & Feinberg M (1995) Table de composition. In: Répertoire général des aliments. Institut National de Recherche Agronomique, Lavoisier, Tec & Doc Lavoisier, Paris.
Jackson MJ (2000) In: Hanninen, O., Packer, L., Sen, C.K. (Eds.), Handbook of Oxidants and Antioxidants in Exercise. Elsevier, Amsterdam, pp. 57-68.
Jeukendrup A, Jentjens RLPG & Moseley L (2005) Nutritional considerations in triathlon. Sports Med. 35: 153-181.
Jeukendrup A & Gleeson M (2004) Sport nutrition - An introduction to energy production and performance. Human Kinetics Edition.
Ji LL (1995) Exercise and oxidative stress: role of the cellular antioxidant systems. Exerc. Sport Sci. Rev. 23: 135-166.
Margaritis I, Palazzetti S, Rousseau AS, Richard MJ & Favier A (2003) Antioxidant supplementation and tapering improve exercise-induced antioxidant response. J. Am. Coll. Nutr. 22: 147-156.
Palazzetti S, Richard MJ, Favier A & Margaritis I (2003) Overloaded training increases exercise-induced oxidative stress and damage. Can. J. Appl. Physiol. 28: 588-604.
Palazzetti S, Rousseau AS, Richard MJ, Favier A & Margaritis I (2004) Antioxidant supplementation preserves antioxidant response in physical training and low antioxidant intake. Br. J. Nutr. 91: 91-100.
Quindry J, Stone W, King J & Broeder C (2003) The effects of acute exercise on neutrophils and plasma oxidative stress. Med. Sci. Sports Exerc. 35: 1139-1145.
Rousseau AS, Hininger I, Palazzetti S, Faure H, Roussel AM & Margaritis I (2004) Antioxidant vitamins status in over-exposition to oxidative stress in competitive athletes. Br. J. Nutr. 92: 461-468.
Tarnopolsky M (2004) Protein requirements for endurance athletes. Nutrition 20: 662-668.
Wallis GA, Rowlands DS, Shaw C, Jentjens RLPG & Jeukendrup A (2005) Oxidation of combined ingestion of maltodextrins and fructose during exercise. Med. Sci. Sports Exerc. 37: 426-432.

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