ELECTROSTIMULATION POUR PLUS DE PUISSANCE ?

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ELECTROSTIMULATION POUR PLUS DE PUISSANCE ?

Message par la roussette du lagon le Jeu 20 Avr 2006 - 9:34

L’électrostimulation pour plus de puissance en cross
:study:


Issue directement du monde médical, l'électrostimulation a réussi sa percée dans le monde sportif depuis quelques années. Cette technique n'est pas seulement l'apanage des disciplines où la force prime. Elle est en vogue dans les sports d'endurance...

Si les électrostimulateurs ont moins la faveur des coureurs à pied que celle des cyclistes ou des tri athlètes, il n'en reste pas moins vrai que les bipèdes sont de plus en plus nombreux à y venir. La question est de savoir si la technique des courants qu'on peut s'infliger en lisant le journal apporte un gain concret et mesurable dans une discipline comme le cross.

Dans un monde de triche où la perf à tout prix va jusqu'à gangrener les pelotons régionaux, le sportif propre pourrait ressentir quelques états d'âme en branchant ses électrodes. Il n'en est rien. L'entraînement par électrostimulation, électromyostimulation pour être complet, n'est pas considéré comme une technique dopante. Il n'est pas nuisible à la santé du fait que les tensions musculaires développées par les courants sont moindres que celles des procédés classiques. Le recours à ce type d'appareil n'induit pas de transformation spectaculaire et plus avantageuse qu'une méthode naturelle autant que puisse l'être la musculation sous sa forme la plus simple.

L'expression de "musculation du paresseux" n'est pas attribuable au coureur qui souhaite s'électrostimuler efficacement. Nous allons le voir, son champ d'application, bien qu'étendu, ne peut remplacer l'entraînement "volontaire". En revanche, d'aucuns reconnaissent que la stimulation électrique constitue un moyen complémentaire qui optimise l'entraînement.

Le cross-country, discipline répertoriée comme compétition d'endurance, requière une composante musculaire d'où la force n'est pas absente. La qualité des appuis, la capacité à maintenir cette qualité durant plusieurs dizaines de minutes, la maîtrise des reliefs, l'accélération du dernier kilomètre, toute cette panoplie de savoir-faire et bien souvent de pouvoir-faire, sont toujours susceptibles d'amélioration.

On progresse dans ces domaines en agissant sur la composante musculaire. Technique, PPG, côtes, permettent d'obtenir un gain de force. La musculation avec charges fait beaucoup moins l'unanimité, faute de temps, de moyens, parfois de goût mais aussi de méconnaissance sur le sujet. Il arrive même que certains coureurs soient interdits de charges pour travailler leurs jambes. L'électrostimulation devient alors l'occasion de combler ce maillon manquant de l'entraînement.

Pour oser l'expérience, on peut déjà établir qu'a priori, le risque de lésion encouru au travers de l'expérience de musculation par électricité est moindre qu'avec la musculation classique avec charges. Certes, le néophyte n'est pas à l'abri d'une mauvaise utilisation des courants, mais cette erreur n'atteindra pas la partie osseuse.

Reste le problème de l'efficacité. Des centaines d'expérimentations comparatives entre groupes stimulés électriquement et groupes stimulés de façon naturelle contre résistance, concluent majoritairement en faveur d'un gain de force pour les premiers. Mais de quelle force parle t'on au juste qui puisse intéresser le coureur ? De sa force concentrique, celle qui lui permet de soulever plus aisément une charge avec ses cuisses (en course, la phase où la jambe se tend), de sa force excentrique, celle qui lui permet de freiner au mieux une charge importante descendant vers le sol (en course, la phase d'appui, accrue en descente, quand le genou résiste à l'attraction terrestre) ? Ou s'agit-il encore de force isométrique comme c'est le cas pour les abdominaux qui fixent le bassin ? La réponse se situe davantage dans la combinaison de tous ces types de contractions musculaires. On aboutit alors à une force dynamique connue sous le nom de plyométrie, dont l'illustration pourrait être la réalisation d'exercices de bondissements.

Dans les conclusions sur ses travaux, Gilles Cometti rapporte qu'à la différence de la méthode de musculation classique pour laquelle seul le régime excentrique produit un gain de force pour les autres paramètres, la méthode par électrostimulation améliore quant à elle les trois types de contraction. Il apparaît aussi que deux individus ne réagissent pas de manière analogue à une même fréquence et à une même intensité de courant. Il faut savoir que tous les types d'entraînement de la force ne conviennent pas au coureur. C'est le cas notamment des méthodes débouchant sur une prise de masse musculaire. Des études impliquant des coureurs de demi-fond ayant amélioré la force de leurs quadriceps grâce à l'ES, auraient montré que le maintien en parallèle d'un programme d'endurance permettait d'éviter cet écueil. (Cometti)
Si la musculation avec charges vous rebute, que vous n'appréciez pas la difficulté de l'effort ressenti en soulevant des barres, cet argument n'a pas cours avec la méthode des contractions involontaires. Et la sollicitation des différents paramètres de la force vous prendra globalement moins de temps.

Pourtant, il faut avoir présent à l'esprit que si les résultats de ces travaux s'avèrent encourageants pour l'utilisateur, ils ne concernent que des muscles pris isolément, les uns après les autres. Or, l'efficacité du geste de la course n'est pas concevable sans l'action synergique des chaînes musculaires, qu'il s'agisse de muscles agonistes ou antagonistes. En terme clair, cela signifie que l'amélioration de la force excentrique des quadriceps ou concentrique des ischios-jambiers, ne permettra pas à elle seule de courir mieux. Pour que votre course devienne plus puissante, que vos appuis vous permettent de produire davantage de rythme et plus longtemps (endurance de force), vous ne pourrez pas faire l'économie d'exercices destinés à provoquer le transfert de la force acquise. Dans le prolongement de cette quête de force, un vaste choix vous est ouvert : courses contre résistance, telles que côtes, montées d'escaliers en passant par la vitesse et jusqu'aux nombreux exercices de plyométrie tels que les bondissements contrôlés.

Avant la généralisation de la stimulation électrique, les coureurs qui avaient suivi un programme de musculation devaient s'interrompre pour diverses raisons comme l'absence d'équipement ou un manque de temps ou d'énergie dû à la course. Conséquence, les acquis de force s'estompaient au moment où ils en avaient le plus besoin, la période de compétitions. Aujourd'hui, la technique des courants permet de réaliser cet entretien de la force acquise.

Mais l'application des avantages de la stimulation électrique musculaire ne se limite pas à une recherche de force. L'argument choc employé à destination des coureurs par les fabricants de ces petits coffrets, offrant parfois jusqu'à plusieurs centaines de programmes, c'est celui de la récupération.

Quel coureur préparant le cross au cœur de l'hiver ne connaît pas les symptômes de jambes lourdes, celui des chaînes musculaires postérieures tendues. Si les étirements contribuent à réduire ces traces de fatigue, il manque le massage auquel on aspire à la suite d'une séance à forte charge. Le sujet reçoit au travers de diverses séquences pré-programmées, des secousses à basses fréquences de courtes durées assez espacées pour obtenir un bon relâchement musculaire, comme par exemple avec le Mi-Fitness Trainer de Compex.

Dans cette tranche de programme, à peu près tous les appareils à usage sportif donnent le choix entre plusieurs programmes de récupération. Il est généralement question de récupération simple, de récupération active et même de relaxation. Chacun d'entre eux s'emploie selon des modalités post-effort précises.

Cette utilisation apporte un confort supplémentaire dans le cadre d'une préparation hivernale par exemple. Toutefois, l'investissement pour l'acquisition d'un tel objet, nécessite une fréquence d'entraînement minimale de 4 ou 5 séances hebdomadaires. En deçà, les délais de récupération suffisent à restituer l'intégrité musculaire.
Pour un coureur limité à 3 séances, l'adjonction de l'electrostimulateur se justifie s'il a recours aux divers programmes de musculation et même d'endurance, puisque ce type de programme figure au menu de ces appareils.

Faire de l'endurance sans courir, c'est possible avec les séances à durée prolongée. Leur intérêt est multiple. D'une part, le coureur peut complémenter sa préparation en épargnant quelque peu son système ostéo-articulaire. D'autre part, en cas de blessure invalidante, la possibilité de travailler sur des intensités et des fréquences qui sollicitent les fibres lentes et pourquoi pas rapides, est à la fois rassurante et intéressante pour lutter contre les effets du désentraînement.

Dans le même ordre d'idées, pas mal de coureurs ont recours à un programme dit de "capillarisation" destiné à remplacer (le remplace t-il totalement ?) les effets des courses longues et lentes. L'idée maîtresse est de permettre à l'oxygène de pénétrer au plus profond des muscles pour mieux les approvisionner en ouvrant de nouveaux réseaux de capillaires. Le recours au programme de capillarisation épargnerait une charge kilométrique lors des cycles de récupération ou à la veille des compétitions.

Pour le coureur qui prépare le cross, cette procédure n'est pas dénuée d'intérêt. Elle peut même survenir dans le prolongement d'un footing ordinaire.

En matière d'entraînement de course à pied, le recours à l'électrostimulation est intéressant dans sa conception.
En tant que moyen d'optimisation de la récupération, l'expérience de nombreux coureurs conclue à son efficacité.

Il est à l'heure actuelle plus compliqué de garantir les effets avantageux d'un programme de musculation sur la course. Ceci tient à des problèmes de transfert. De plus, aucun sujet ne réagit à l'identique aux stimuli. Il revient aux coureurs tentés par cette technique de s'y essayer et d'en tirer eux-mêmes les conclusions. Mais comme toute expérience nouvelle, elle doit être appliquée sur des cycles complets.

L'électrostimulation n'a rien d'une recette miraculeuse. Son association à d'autres formes d'entraînement impliquant la force et l'endurance, est probablement l'un de ses grands axes de recherche en matière d'efficacité.

la roussette du lagon

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Re: ELECTROSTIMULATION POUR PLUS DE PUISSANCE ?

Message par Sprinteur le Mar 30 Mai 2006 - 20:03

Autre avantage de l'électrostimulation qui peut concerner tout le monde: les progremmes "TENS" (neuro-stimulation électrique transcutanée).

Ils permettent de faire passer des contractures, de faire de la récupération active, parce qu'en jardinage ou en bricolage on ne pense pas forcément à l'échauffement, aux étirements et autres, et quand ont peut faire passer ses douleurs sans avaler de médicaments, c'est quand même un progrès.

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